L’italique est un style typographique qui permet de mettre en valeur un mot ou un groupe de mots, tout en apportant une certaine touche d’élégance. Incliné vers la droite, il glisse sur le papier pour mieux attirer notre regard. Mais à quelles fins lui confie-t-on nos mots les plus précieux ? Voyons ensemble dans quelles circonstances l’utiliser.

Les titres d’œuvres, de journaux et de magazines

Un livre, un film, un album musical, un périodique (journal, magazine, revue), une peinture… tous se parent d’italique (et pas de guillemets !) pour marquer leur importance. On écrira donc :
→Le Livre de la jungle a été publié en 1894.
→ Le dernier numéro d’Historia sur les peuples berbères m’a passionnée.
Et qu’en est-il des nouvelles et des poèmes ?
Lorsque cités en même temps que les titres des recueils dans lesquels ils apparaissent, les nouvelles et poèmes restent bien nichés entre guillemets, tel un trésor à l’abri.
→ Ma nouvelle préférée de Silhouette de Jean-Claude Mourlevat est « Case départ ».
De cette manière, les deux titres sont bien distincts et leur hiérarchie est matérialisée.
Attention cependant, si une partie d’œuvre (chapitre, poème, article de périodique, morceau d’album, etc.) est citée seule, elle revêt de nouveau l’italique. C’est ainsi qu’on écrira :
→La Chute de la maison Usher fait partie des nouvelles d’Edgar Allan Poe m’ayant le plus marqué.
Exceptions :
✤ Les titres d’ouvrages sacrés, ainsi que les différentes parties qui les composent, s’écrivent en caractères romains.
✤ Il en va de même pour les noms des actes ministériels et judiciaires (codes, circulaires, lois, etc.)

Les mots, expressions et citations en langue étrangère

Quand un mot venu d’ailleurs s’aventure dans une phrase en français, l’italique lui sert de visa d’entrée. Voici un exemple :
→ C’est une comédie au charme so british.
La même règle s’applique aux expressions et citations. Il faudra donc écrire :
→ Kuin täi tervassa signifie « comme un pou dans le goudron ».
→ Je l’ai quitté en lui lançant un « Hasta la vista, baby ! ».
Le latin : un cas à part ?
Eh bien non ! Alors que les sénateurs romains portaient la toge, les mots latins, eux, préfèrent se draper d’italique :
→ ad vitam æternam
→ Tu passes ton temps à dire « carpe diem », mais saisis-tu réellement le sens de cette locution ?
→ Le nom scientifique de la sauge officinale est Salvia officinalis.
Exception :
Lorsque des termes de langue étrangère ou de latin sont rentrés dans l’usage courant, qu’ils sont francisés et présents dans les dictionnaires, ils restent en romain.
→ a priori, design, parking, sandwich, week-end, etc.

Les lettres et mots se désignant eux-mêmes (autonymie)
Lorsqu’une lettre ou un mot parle de lui-même, il devient narcissique et se mire dans l’italique. C’est ainsi qu’on écrira :
→ On pense souvent à tort que cerne est un nom féminin.
→ La lettre z danse joyeusement dans l’alphabet.

Les mots ou groupes de mots que l’on souhaite mettre en valeur

Un peu comme un projecteur, l’italique permet d’attirer l’attention sur un élément en particulier. Ainsi, il peut s’agir d’un terme ou d’une expression que l’on souhaite souligner, un peu comme on le ferait à l’oral.
→ Cette femme n’est pas seulement brillante, c’est une visionnaire.
Attention cependant ! Il convient d’en faire un usage modéré, ceci afin de ne pas nuire à la lisibilité du texte.

Les didascalies
Au théâtre, l’italique murmure à l’oreille des acteurs les indications scéniques. Cette différence de style typographique permet aussi de distinguer aisément les dialogues du reste du texte (indications de jeu, description du décor, etc.).
→ ALBAN, s’approchant lentement, l’ombre d’un sourire sur les lèvres.
« Enfin, nous nous retrouvons ! »

Les noms de moyens de transport et d’enseignes commerciales

Les noms propres des grands moyens de transport (bateaux, trains, avions, etc.) s’écrivent en italique.
→ le Titanic
→ la fusée Ariane
→ le Night Ferry
Il en va de même pour les titres d’enseignes commerciales reproduits intégralement. Cependant, cette règle est un peu passée de mode, c’est donc courant qu’elle ne soit pas appliquée.
→ le magasin Aux Mille Couleurs

Les dédicaces en tête d’un ouvrage
Une dédicace est un chuchotement affectueux, et l’italique l’accompagne avec délicatesse.
→ Ce récit m’a été inspiré par Anna,
Henri et Clémentine – il est tout à eux.

Les notes de musique

Dans l’univers mélodieux de la musique, l’italique accompagne les notes. On écrira donc :
→ Do, ré, mi, fa, sol, la, si
Remarque :
Attention, restent en romain :
✤ les altérations : dièse, bécarre, bémol ;
✤ les tempos : andante, allegro, adagio, et toute indication de mouvement ;
✤ les tonalités : mineur, majeur, et autres notations accompagnant les notes.

L’italique est un danseur discret qui donne du mouvement au texte. Bien employé, il enrichit la lecture, sublime les idées et confère aux mots une allure élégante. Mais comme toute belle chose, il se savoure avec modération, sous peine de voir son charme s’évanouir.
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